Autres fondements du Dividende Universel

Quoique l’approche logique et mathématique soit suffisante pour atteindre le résultat de la monnaie à Dividende Universel, il reste possible de développer des points de vue complémentaires plus pratiques, qui tendent vers le même résultat fondamental.

La co-propriété Citoyenne de la Zone Monétaire

La Zone économique associée à une monnaie commune est une construction fondamentalement Citoyenne. Chaque Citoyen via son État respectif est co-propriétaire de la Zone (qui peut être réduite à un seul État). En démocratie il est régulièrement convié à voter pour élire ses représentants directement ou indirectement. Il s’agit donc bien d’une entreprise de vie commune, où la monnaie est le ciment économique communément accepté et créé pour permettre que les échanges puissent se faire tant dans l’espace que dans le temps et dans une mesure équilibrée.

Or tout propriétaire d’une entreprise quelle qu’elle soit, reçoit, en proportion de sa détention du capital un Dividende annuel. La Zone Euro est économiquement valorisable en proportion de sa Masse Monétaire en Circulation (voire du PIB, mais PIB et Masse Monétaire sont interdépendants).

Le Dividende Universel correspond donc simplement à la reconnaissance de la co-propriété de la zone économique par chaque Citoyen (présents et à venir, et aucune génération n’a de droit privilégié de ce point de vue). La citoyenneté de la zone économique est consubstantielle au droit fondamental à une part comparable de la création monétaire commune entre chaque citoyen.

Monétisation de la valeur libre, bénévole, non directement marchande

L’Art, les logiciels libres, les écrits libres de droit, le travail non marchand effectué par l’action associative ou individuelle etc... Que fournit chaque citoyen de la zone euro, sont des valeurs, qui bénéficient au secteur marchand directement ou indirectement, immédiatement, ou de façon différée dans le temps. Par exemple internet fonctionne avec une couche de logiciels libres qui ont été développés et distribués sans aucune reconnaissance monétaire pour une très grande partie.

Ces types de productions sont difficilement monnayables directement, parce que ce qui fait leur valeur, est l’adoption par le plus grand nombre, d’autant plus rapidement qu’on ne demande un obligation de payer pour l’obtenir. Cela crée ainsi rapidement des normes, des protocoles d’échanges d’information, des usages. Or, sur ce substrat de valeur, se développent des valeurs marchandes qui, elles, valorisent leurs produits rares ou artificiellement raréfiés en exigeant une obligation de paiement.

Le Dividende Universel est une valorisation de cette couche libre et non directement marchande de la société, qui est la juste compensation du droit d’usage de cette couche multi-valeur pour des activités marchandes.

On ne peut pas opposer à la création libre de valeur le droit à la propriété intellectuelle comme moyen de se faire rémunérer. Car le choix de donner la liberté d’usage et de transformation de sa création est un moyen de la diffuser sans obstacles, sans freins, rapidement, au bénéfice du plus grand nombre. C’est généralement le cas des découvertes scientifiques. Pour autant les auteurs de ces créations ne disent pas qu’ils ne devraient pas être payés pour cet apport, mais ils ne veulent pas en faire un commerce direct. Ils ne réclament donc pas un bénéfice proportionnel à leur apport, mais une reconnaissance monétaire minimale.

Le Dividende Universel répond à cette attente.

De son côté le créateur qui souhaite une rémunération proportionnelle à son apport se doit d’opter pour une démarche propriétaire. Les deux approches ne s’opposent pas, elles se complètent, et peuvent tout à fait cohabiter non seulement entre acteurs différents, mais aussi pour un seul et même acteur qui peut choisir de faire un apport libre ou propriétaire selon les cas. On ne saurait « ranger » un citoyen libre et souverain dans aucune « case » où il serait contraint de rester pour prétendre à bénéficier de tel ou tel « guichet » social, ce qui constituerait un frein économique évident, limitant la créativité et la production des individus à des domaines prédéfinis et par définition non innovants !

La neutralité de la monnaie

La Création Monétaire par effet de levier est une asymétrie qui accentue les écarts capitalistiques sans raison. Parce que X,Y ou Z ont un avantage capitalistique de départ, on leur permet de surévaluer cet avantage par un effet de levier de création monétaire, qui dévalue la monnaie existante à leur avantage, et leur permet à tout moment d’acheter ou de copier toute innovation par création de fausse monnaie momentanée.

Le Dividende Universel est une création monétaire neutre et symétrique dans l’espace et le temps, qui rend à la monnaie son sens premier : un Crédit Mutuel entre Citoyens, versé non pas en une fois, mais progressivement, tout le long de la vie, et de façon relative à la richesse mesurable (Proportionnelle à la masse monétaire / Citoyen), sans léser aucun individu présent ou à venir quel que soit son âge.

Le Dividende Universel joue alors non seulement un rôle neutre quant à l’investissement via la croissance de la masse monétaire répartie entre tous les citoyens, mais aussi un système d’amortisseur économique en cas d’évaporation de la monnaie dans toute zone pseudo-isolée au sein de la zone monétaire. Si on imagine que « X » ayant fait un gros bénéfice monétaire décide de quitter la zone autonome pour investir ailleurs (ou simplement épargner), le Dividende Universel assure que les échanges monétaires ne sont pas totalement bloqués pour autant, et peuvent repartir progressivement.

La monnaie n’a pas pour objectif d’être un instrument de prise d’otage où celui qui, ayant fait le choix de monétiser sa production, pourrait profiter de l’accumulation de monnaie pour bloquer les échanges entre les autres producteurs, et imposer ses vues.

Cet argument reprend le principe fondamental édicté par Richard Stallman concernant l’utilisation de tout système d’information : le code doit être transparent et modifiable. Pour accepter une monnaie tout citoyen devrait donc à minima en accepter le code de fonctionnement, et pouvoir le changer par des choix démocratiques. Or il est flagrant en 2011 que ces deux conditions minimales ne sont pas remplies pour les monnaies « officielles » à codes cachés, à fonctionnement imposé, et dont l’élaboration du code de fonctionnement n’est pas soumis à un choix démocratique (Bâle I, II et III, sont des principes monétaires non soumis à l’approbation des utilisateurs).

La « perspective numérique » mise en évidence par Olivier Auber devrait nous éveiller à la dimension de ce choix de code monétaire inhérent à la liberté économique selon des critères élevés comme la légitimité, l’éthique et la neutralité.

La valeur fondamentale de toute économie

La condition fondamentale de toute mesure est l’individu. En effet hors l’individu il n’est point de mesure de valeur. C’est le point minimum et suffisant pour toute mesure de valeur.

L’Homme est l’observateur de l’économie, autant que son acteur fondamental. Son service et sa liberté de création en est l’objectif premier. C’est donc le seul véritable point de valorisation possible de toute monnaie qui se veut universellement utilisable partout et en tout temps où l’échange économique est possible.

Hors toute valeur spécifique, il reste une économie. Mais vidée de ses individus aucune économie ne subsiste, il ne reste évidemment rien de mesurable.

En valorisant la monnaie sur un micro-investissement continu, tout le long de la vie de chaque citoyen, c’est l’ensemble de l’économie qui investit dans chacune de ses composantes économiques fondamentales, le “risque” étant réparti dans la multitude et dans le temps.

Il est par ailleurs hors de question que ce soient les Hommes d’une génération donnée qui s’arrogent le droit de juger parmi leurs contemporains, de qui provient la valeur qu’utiliseront demain les générations à venir. À procéder ainsi les générations précédentes, aveugles devant la réalité de l’incertitude quant à ce qui est valeur ou pas, ont laissé choir dans la misère plusieurs de leurs créateurs de valeur considérés aujourd’hui parmi les plus importants.

L’existence ou l’absence de Dividende Universel est une mesure de l’humilité ou de l’arrogance des hommes du présent devant les hommes à venir.

Autres arguments

Des sites internet et des blogs ont repris ou cité les idées de la TRM et apportent d’autres interprétations compatibles et très pertinentes du Dividende Universel :

Par ailleurs l’article wikipédia sur « l’allocation universelle » regorge d’information, y compris sur les expériences (toutes réussies) des zones économiques ayant adopté un système monétaire proche du Dividende Universel.