Introduction de la version 1.0

C’est mon expérience de 20 ans d’activités économiques qui est passée du bénévolat, à l’entreprenariat en passant par le salariat, au sein d’un système en crise profonde, et qui a vu son sommet paroxystique en 2007, qui m’a poussé à m’intéresser à la monnaie. Jusqu’alors, il ne m’était pas apparu que les problèmes sociaux et économiques pouvaient être liés à la nature même de ce code qui régit pourtant toutes les activités d’échange.

Les modèles appliqués par le monde financier reposent sur des préjugés quant à la nature de la valeur, et sont en 2010 fortement influencés par les développements théoriques de la mécanique quantique, non pas pour la structure de la monnaie, mais pour l’estimation des risques d’investissement.

Or, et c’est sans doute là l’apport principal de la Théorie Relative de la Monnaie, il faut prendre conscience des enjeux de la mondialisation qui amène des milliards de personnes à développer des échanges monétisés, ainsi que des déséquilibres historiques des échanges intercontinentaux.

Mais pour pour cette échelle globale, ce sont les idées liées non pas à la mécanique quantique, mais à la Relativité, qui sont les plus pertinentes pour espérer comprendre ce qui ne fonctionne pas et tenter d’apporter les mutations nécessaires.

Une analyse fondée sur l’expérience économique directe, associée à une étude des mécanismes du système monétaire actuel, m’ont fait comprendre que ce dernier reposait sur des concepts pré-relativistes et sur une profonde asymétrie, qui font des centres d’émission monétaire des anomalies sources de biais.

Le sujet de ce livre est donc non pas de définir le système monétaire tel qu’il existe, mais de définir ce que devrait être une monnaie équitable dans l’espace-temps, et que j’appelle aussi « monnaie relative » en ce qu’elle ne peut se définir que relativement à tout repère de mesure indépendant : celui lié à tout individu citoyen de la zone économique concernée.

Nous verrons que c’est la notion fondamentale d’un champ de valeur en expansion qui permet de comprendre l’évolution de l’économie sous un angle global, et qui nous oblige à définir la monnaie, non seulement en englobant l’économie telle qu’elle est ici et maintenant, mais aussi telle qu’elle sera pour les générations suivantes. Cette approche implique non seulement de redéfinir le système monétaire en accord avec le principe de relativité (qui est un principe de symétrie), mais permet également d’interpréter les phénomènes économiques historiques avec un nouveau point de vue, de nouveaux concepts, et donc une nouvelle interprétation causale.

Je finirai cette introduction en affirmant la très grande surprise intérieure que j’ai ressentie à la découverte du Dividende Universel comme paradigme central de la monnaie relativiste. Je n’y étais réellement pas préparé au commencement de cette réflexion.

Mais ensuite, et j’y reviendrai, mon étonnement fut plus grand encore quand j’ai découvert les travaux de Yoland Bresson sur la « valeur temps ». Même si les équations différentielles qu’il nous propose diffèrent dans la forme de celles que j’ai établies pour décrire la même notion de champ de valeur, on retrouve exactement les mêmes mises en rapport des mesures globales et locales. Je n’ai donc eu aucun mal à les traduire dans mon propre référentiel théorique pour les comprendre.

Alors que la démarche de Yoland Bresson partait d’une théorisation des échanges économiques, et que la mienne partait d’une théorisation d’une monnaie relativiste, le fait que les deux démarches aboutissent à un résultat similaire n’ont fait que conforter ma conviction de la très grande pertinence de ce résultat, et c’est pourquoi je lui ai demandé de rédiger la préface de la Théorie Relative de la Monnaie.

J’ai voulu synthétiser l’essentiel des conclusions auxquelles j’ai abouti, et que j’ai abondamment illustrées par ailleurs sur le site http://www.creationmonetaire.info.

Je souhaite que la théorie relative de la monnaie permette d’aider à établir une économie la plus équitable possible, et qui soit bénéfique à l’ensemble de ses acteurs présents et à venir.

-- Stéphane Laborde