Masse Monétaire et Relativité

Densité de la monnaie

L’étude de la masse monétaire d’une zone économique en tant que donnée chiffrée globale ne suffit pas à constater si la monnaie est correctement créée ou pas.

En effet, si on peut dans certaines circonstances constater qu’une masse monétaire croît à un rythme maintenu constant, sa densité de création non symétrique dans telle ou telle sous-partie de l’économie violerait l’éthique des classes de solutions du problème des trois producteurs étendu aux N citoyens de la zone économique.

Les problèmes de densité de création monétaire non symétrique sont dus pour l’essentiel à l’accaparement par une sous-partie des citoyens de la création monétaire pour une application biaisée de la création de valeur, et se fait au détriment de tous les autres acteurs présents et futurs, tant du point de vue du « premier choix » que du point de vue du « jugement de valeur ».

La publication des informations monétaires globales devrait donc être complétée, pour un contrôle citoyen efficace de l’éthique monétaire, par une information relative à la densité spatiale de création de cette monnaie, sachant que cette densité devrait être équilibrée.

Ainsi en France c’est parce que la création monétaire se fait essentiellement en Île de France que l’économie y est la plus florissante en apparence, et que les flux de population s’y concentrent. La même création monétaire inversée réalisée à Toulouse pendant une même période de 50 ans produirait sans aucun doute un résultat similaire (toujours au détriment des autres villes).

Croissance

Nous mesurons par « c » la croissance de la masse monétaire. Ce qui par ailleurs est appelé « croissance économique » au sens habituellement donné au PIB, dépend de façon fondamentale de « c ». Mais c’est l’incertitude quant à « c » dans les économies falsifiées par l’argent « dette » arbitrairement créé, qui détruit généralement la croissance par la perte de repère des individus quant à l’efficience de leur monnaie.

Il y a une erreur fondamentale à estimer la « croissance » via le PIB, qui mesure les échanges de valeurs. En effet, l’augmentation de la masse monétaire, si tant est qu’elle soit suffisamment dense dans l’économie, aura pour effet, à production constante, de faire monter mécaniquement les prix, sans jouer sur la quantité des échanges, les coûts étant généralement répercutés suite à l’augmentation des prix, et non pas en même temps, cela fera donc monter le PIB, quand bien même il serait produit et consommé d’une année sur l’autre les mêmes biens et services.

Il est même possible de voir le PIB monter à production moindre et échanges moindres, si la monnaie est créée dans une proportion suffisamment importante pour compenser.

La « croissance » du point de vue du « PIB » est donc une notion parfaitement biaisée, alors que la croissance de la masse monétaire représente une donnée parfaitement sûre, connue, vérifiable et ne dépend pas du référentiel choisi pour la mesurer contrairement à toute autre estimation.

Le graphique suivant montre la Masse monétaire totale M3 composée de M1, (M2-M1) et (M3-M2) de la zone euro de 1997 à octobre 2012 en quantité ainsi qu’en croissance sur 12 mois (ordonnée en % à droite). La croissance des euros de 1997 à 2007 a atteint 8 % / an de moyenne pour une répartition au sein des 330 millions de citoyens de la zone économique du surplus de monnaie commune non communiquée et certainement non-dense.

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Cette création monétaire bénéficie essentiellement aux États et aux grandes entreprises quand bien même ils produisent le plus souvent avec des processus dépassés et extrêmement coûteux, des valeurs désuètes et sans intérêt pour 90% de la population. Ce système ne profite qu’à quelques individus privilégiés, et incite à une spéculation incestueuse entre Banques. Le gagnant stocke ses gains, et le perdant se met en faillite, actant ainsi en fin d’opération, une création monétaire centrale sans équilibre.

Alors même que la monnaie est un outil immatériel commun pour un échange des productions au sein de la zone économique, elle est utilisée pour détenir un pouvoir lié à la capacité de priver les citoyens souverains de l’outil d’échange tout en les forçant à l’utiliser (et donc notamment à payer sous la contrainte des impôts et des intérêts de crédits dans cette monnaie dont l’émission est contrôlée par ailleurs).

Il est pourtant évident que la seule décision d’arrêter d’allouer des crédits supplémentaires à une zone économique pseudo-isolée, la rend dans l’incapacité mécanique (et pas fondamentalement productive) de rembourser le capital et les intérêts « dans la monnaie ». Comment s’assurer de pouvoir payer avec quelque chose qu’on ne peut pas produire soi-même ? Le producteur asymétrique de monnaie a beau jeu de définir et produire lui-même de façon exclusive et donc au détriment d’autrui ce qui tient lieu de mesure de valeur !

La « croissance » au sens du PIB peut donc être un leurre total. Il n’y a de croissance que de la masse monétaire, qui s’accompagne avec un effet retard de croissance en valeur monétaire des échanges économiques monétisés, quelle que soit leur forme relative dans l’espace et dans le temps.

Il y a alors un biais scientifiquement inacceptable à effectuer des mesures à l’aide d’un outil dont l’expérimentateur choisit les paramètres selon son bon vouloir, et sans tenir compte des modifications dans ses résultats autrement que par des choix subjectifs.

Potentiel d’achat

Si l’on tient compte de la croissance de la masse monétaire, on ne parlera plus de pouvoir d’achat d’une quantité donnée de monnaie sans la mettre en rapport avec cette même masse. On parlera donc de potentiel d’achat. Le biais qui consiste à définir le prix d’un « panier de biens » arbitrairement défini comme mesure du « pouvoir d’achat », revient à définir un pouvoir d’achat intemporel dans lequel en toute honnêteté on retrouverait alors en 2010 des quantités de « poules au pot Henri IV», « Fiacres 1900 », « formation à l’art subtil d’alchimiste » ou autre « livre produit par les moines copistes ».

Du point de vue du la Théorie Relative de la Monnaie, on ne peut que refuser d’accepter une telle méthode, basée sur des valeurs « absolue » quand bien même elles seraient revues et actualisées, car elles seront toujours sujettes à des choix arbitraires.

Le graphique suivant représente l’évolution d’un salaire « fixe » de 1 500 euros rapporté à la masse monétaire Euro (exprimée en milliards d’€) de 2000 à 2010, et donc du potentiel d’achat.

Le potentiel d’achat d’un salaire fixe a baissé de plus de 50 % entre 2000 et 2010. Autrement dit il est probable que les prix d’une majorité de biens « relativement stables » en terme de demande entre ces deux dates aient augmenté de plus de 100 % sur la même période. Il est fort étonnant de voir à quel point le mensonge quant à des mesures pourtant vérifiables peut se propager au sein de démocraties où le pouvoir médiatique est censé représenter la garantie de la transparence.

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La théorie relative de la monnaie ne dit pas qu’un « salaire » devrait suivre l’inflation de la masse monétaire, c’est en fait impossible, les salaires les plus élevés seraient avantagés et participeraient à une augmentation de la masse monétaire supérieure au taux d’équilibre ! De plus rien n’assure à une production donnée d’être échangeable en quoi que ce soit demain, cela dépend des choix individuels et collectifs qui changent dans le temps.

La théorie relative de la monnaie dit que c’est le Dividende Universel, et uniquement lui, qui est indexé à la masse monétaire, et qui assure que la base monétaire est symétriquement distribuée, et donc compatible avec les trois libertés économiques fondamentales.

Elle dit aussi qu’on doit mesurer correctement les grandeurs économiques en données relatives, en tenant compte de la quantité de monnaie existante par citoyen de la zone économique, afin que les acteurs de l’économie fassent leurs choix en toute connaissance de cause et selon leur propre point de vue individuel.